PORTRAIT PHOTO ÉCRIVAIN | SYLVAIN ANSOUX

Photographe de portrait à Grenoble

Nous sommes photographes, en France, et nous prenons en photo de nombreuses personnes. Portrait photo d’écrivain mais aussi d’artistes, de musiciens, d’entrepreneurs, d’artisans et d’autres professionnels ainsi que des photographies pour les particuliers… Autant de passionnés passionnants avec lesquels nous discutons, nous apprenons… Chaque séance photo, en studio ou en extérieur, est alors l’occasion d’une rencontre, d’un partage d’expérience, d’un échange. Et si mettre en valeur nos modèles à travers la photographie nous fascine, mettre en lumière leurs personnalités et leur talents à travers une interview nous a semblé évident.

Interview - Portrait photo d'écrivain
Sylvain Ansoux

Sylvain Ansoux est écrivain. Mais ça au départ, je ne le savais pas. C’est grâce aux réseaux sociaux, et à notre passion pour la musique et plus particulièrement pour le rock indépendant, que nous sommes entrés en contact. C’est d’ailleurs cette passion qui l’a conduit à animer des émissions de radio, à organiser des concerts et à réaliser de nombreux projets avec ses élèves. Car dans sa seconde vie, Sylvain Ansoux est enseignant en éducation socioculturelle pour le ministère de l’Agriculture. Et à voir l’engouement avec lequel il parle de ces projets avec ses étudiants, on retournerait presque sur les bancs de l’école. Quand j’ai découvert que Sylvain écrivain des polars, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son travail, sa méthodologie, ses influences… L’occasion de se rencontrer en vrai pour réaliser son portrait en photo et l’interviewer. Nous sommes donc ravis d’avoir passé un peu de temps avec Sylvain lors de ce shooting durant lequel nous avons échangé sur la musique, la photo et bien sûr l’écriture. Une belle rencontre avec une belle personne !

Son dernier livre s’appelle « Grenoble Confidentiel« , c’est un roman policier et on vous encourage à le lire ou à l’offrir.

Voici les photographies de portrait que nous avons réalisé lors de ce shooting et les quelques mots de Sylvain : portrait photo d’écrivain.

Photographe de portrait à Grenoble

1 – Comment te définis-tu en tant que personne et en tant qu’écrivain ?
Bonne question. En tant que personne, j’ai du mal à me définir. Je me sens souvent à côté des autres plutôt qu’avec eux. Et je crois que c’est cette relation distante au monde qui me définit aussi en tant qu’écrivain.
C’est cette incapacité à trouver sa place ou à l’accepter qui me pousse à écrire. La plupart des « héros » de mes romans sont des inadaptés en lutte contre eux même et contre l’extérieur.
Je ne pense pas qu’on puisse être écrivain si on est satisfait de soi même ou de l’ordre social.

2 – Pourquoi écris-tu ? Raconter des histoires est-ce un besoin, une passion ? Que recherches-tu dans l’écriture ?
J’écris pour raconter des histoires. Je ne suis pas dans un processus de recherche littéraire et c’est pourquoi le Polar me convient. Dans ce genre, on peut difficilement se regarder écrire. Il faut être efficace.
L’écriture, c’est un besoin peut être davantage qu’une passion car c’est quand même laborieux de s’enfermer avec des personnages pendant de longues semaines.
Il y a un côté fastidieux dans l’écriture. Les moments de grâce sont rares et précieux. Pour arriver à capturer la bonne phrase dans le bon rythme, il faut passer par plusieurs phases et accepter des erreurs, des décalages, des tournures peut être pas idéales  mais qui dans un ensemble vont faire ressortir la vérité d’une situation ou les traits de caractère d’un personnage. Et la traque de la vérité ou d’une forme de vérité c’est ce que je recherche dans l’écriture. Pour moi, c’est un moyen de rendre une certaine justice à des personnes un peu cabossées par l’existence. Je privilégie donc une approche plutôt directe et brute sans fioriture stylistique.

3 – Comment l’idée de tes romans te vient-elle ? Où trouves-tu l’inspiration ?
C’est variable mais je me suis aperçu que j’étais très à l’écoute des histoires des autres. Ce qui peut sembler paradoxal avec ce que j’ai dit auparavant mais le fait de ne pas se sentir à sa place fait qu’on développe certainement une espèce d’empathie pour la bizarrerie. L’inspiration, elle vient d’un peu partout .
Pour mon premier livre, « Rencontres avec Elliott », j’ai lu une interview de H Burns. Il parlait de la guitare d’Elliott Smith. Il disait qu’elle lui semblait habitée par sa présence. Alors l’idée d’un fantôme a fait son chemin…
Pour mon deuxième livre, des amis m’ont parlé de la prostitution en milieu rural. Je l’ai relié à d’autres histoires qu’on m’avait raconté…

« La traque de la vérité ou d’une forme de vérité c’est ce que je recherche dans l’écriture. Pour moi, c’est un moyen de rendre une certaine justice à des personnes un peu cabossées par l’existence. Je privilégie donc une approche plutôt directe et brute sans fioriture stylistique. »

4 – Pendant l’écriture de tes livres, le fil de la narration est-il présent immédiatement où te laisses-tu porter par tes idées au fur et à mesure ?
Je ne fais pas de plan précis. J’ai une vague idée du fil conducteur dans un coin de mon cerveau et me laisse porter par les personnages. J’essaie de me mettre à leur place. Je me demande ce que je ferais si j’étais confronté aux mêmes difficultés. Et parfois, la fin est assez différente de celle que j’avais imaginé au départ.

5 – La page blanche, tu connais ?
J’ai plutôt trop d’idées que pas assez. J’ai beaucoup de livres en chantier. J’en laisse tomber en cours de route quand je ne sens plus l’histoire ou qu’elle ne me motive plus suffisamment. Pour moi, ce ne sont pas des échecs mais plutôt des essais ratés (hum)… J’aime à penser qu’ils me servent à faire aboutir ce qui devient des livres…mais en fait, chaque ouvrage est un combat nouveau alors…

6 – Parlons portrait, tes personnages sont-ils des gens que tu connais ou sont-ils imaginaires ?
Je dirai un mélange des deux ou plutôt c’est de la réalité transformée. Les héros de mes livres sont souvent une extrapolation de ce que je suis ou de ce que j’étais à un moment donné. Bon ça fait un peu schizo mais c’est difficile d’écrire sur ce qu’on ne connaît pas ou mal. Les personnages secondaires sont parfois inspirés de personnages réels. Le plus souvent c’est un mélange de plusieurs personnes.

7 – La musique semble avoir une place importante pour toi, peux-tu nous en dire plus ?
J’ai grandi avec la musique. Elle m’a construit. Quand j’étais un jeune homme, elle possédait un pouvoir magique quasi religieux. On entrait là dedans comme dans les ordres. C’était la queue de la comète du mouvement post punk et on pouvait encore ressentir ses vibrations. Avec le temps, la source ne s’est pas tarie. Je suis toujours passionné. Je me suis ouvert à d’autres styles et le fait de jouer un peu de guitare m’a ouvert de nouveaux horizons. Il m’est impossible de vivre sans musique pas plus que je ne peux me passer de lire. C’est un besoin vital.

Portrait photo d'écrivain Sylvain Ansoux

« J’ai grandi avec la musique. Elle m’a construit. Quand j’étais un jeune homme, elle possédait un pouvoir magique quasi religieux. On entrait là dedans comme dans les ordres. C’était la queue de la comète du mouvement post punk et on pouvait encore ressentir ses vibrations. »

Portrait photo d'écrivain Sylvain Ansoux

8 – D’ailleurs Elliott Smith, le rocker ténébreux américain t’a inspiré un bouquin entier… Pourquoi une telle obsession pour cet artiste ?
J’ai aimé sa musique même si je n’ai pas accroché tout de suite. J’étais réticent. Je le rapprochais à tort d’une espèce de pop précieuse qui ne me plaisait guère… Et puis je suis rentré dans son chef d’oeuvre Either/ or. Et j’ai été touché par sa sensibilité et cette voix prête à s’arrêter à tout moment, comme à bout de souffle.
Le personnage était également fascinant mais à vrai dire jusqu’à son suicide je ne soupçonnais pas un tel mal être. Quand j’ai commencé le livre, je pensais utiliser sa trajectoire pour parler d’une génération, celle de Kurt Cobain et comme c’était une époque que j’avais vécu intensément j’imaginais que cela allait être facile. Et bizarrement sont remontés d’autres éléments à la surface, des choses plus intimes, plus personnels ayant trait à des proches s’étant suicidé. Et finalement en parlant de lui, je m’adressais à d’autres…Ecrire ce livre m’a sans doute permis de solder des comptes.

9 – Quand tu finis un livre, dans quel état es-tu ? Est-ce que c’est difficile de quitter les personnages, l’univers, l’histoire ?
D’abord, c’est une immense satisfaction d’être parvenu au terme d’un récit et s’être complétement laissé embarquer dans l’aventure. Après, il faut essayer de couper le lien. J’ai tendance à me débarrasser des personnages en passant très vite à d’autres écrits : les uns devant chasser les autres mais ça ne marche qu’un temps. Il faut se relire et se corriger si bien qu’on finit par vivre avec les protagonistes de son histoire pendant un an et demi..ça peut être étouffant mais aussi parfois on a envie de les retrouver et d’imaginer des suites. On finit par s’attacher..

10 – Quel est le meilleur retour que tu as eu de tes lecteurs ?
Le meilleur retour, c’est quand on comprend ce que tu as voulu faire, quand on comprend tes intentions initiales. Et j’ai eut un retour très touchant sur mon deuxième livre dont le sujet est en partie sur la guerre d’Algérie par une lectrice dont le père avait participé à ce conflit. Elle m’a écrit que je n’avais pas cherché à romancer pour romancer, ce qu’elle ne supportait plus chez les écrivains et que ce que j’avais écrit était juste. C’est le plus beau compliment pour moi: écrire juste, pas bien, c’est une notion subjective et sujette à interprétation, mais juste.

Portrait photo Grenoble

11 – Si tu ne devais conseiller qu’un livre à lire dans sa vie, un album, un film…
Oh la question difficile !
Un livre : « une vie violente » de Pier Paolo Pasolini.
Un disque : North star deserter de Vic Chesnutt.
Un film : Alphaville de Godard

12 – Tu es plutôt terre, eau, air, feu ? Et pourquoi ?

Terre : j’ai des préoccupations très terre à terre même si le rêve est important dans ma démarche.

13 – Quel est ton mantra ?
Ni dieu, ni maitre

14 – Une destination (proche ou lointaine) qui t’as marquée et pourquoi ?
Le Burkina fasso parce que c’est l’Afrique et qu’on en ressort pas indemne.

15 – Grenoble ça t’inspire quoi ? Aimes-tu cette ville ?
Grenoble, c’est ma ville même si je n’y suis pas né. C’est un endroit que je trouve attachant à défaut d’être beau. C’est facile d’y vivre, facile de se l’approprier. C’est plutôt accueillant. Après, la ville projete une image vis à vis de l’extérieur qui n’est pas forcément la réalité.
Par exemple, Grenoble est assez segmentée d’un point de vue sociale et ça apparaît peu dans les images d’Epinale. J’ai écrit un livre de « détective » : Grenoble confidentiel pour parler de cette séparation entre des milieux qui ne se cotoient pas ou très peu.
Depuis 25 ans, il y a une gentrification rampante comme dans d’autres villes qui a peu à peu cassé le lien social.

16 – Le plus beau moment de ta vie ?
Le plus beau moment, je dirai assez banalement la naissance de mes enfants et la première fois que j’ai tenu mon premier livre dans les mains. C’est aussi beaucoup d’émotion même si ce n’est évidemment pas comparable.

« Plus tard, j’ai découvert les grands photographes et leur vision singulière du monde. Salgado m’a beaucoup marqué. Je pense qu’on pourrait écrire tout un livre rien qu’à travers les détails de ses photos tellement c’est soigné tout en donnant l’apparence d’une grande simplicité. »

17 – Qu’est ce que la photographie représente pour toi ?
La photographie a toujours beaucoup compté même si je prends peu de photo et que beaucoup de choses chez moi passent davantage par les mots que par l’image. Adolescent, elle m’a permis de mieux ressentir la musique à une époque ou les informations sur les musiciens étaient rares. On pouvait passer des heures à rêvasser sur les photos de pochettes et de magazine. D’ailleurs je décris les pochettes ou les photos d’Elliott Smith dans mon livre autant que sa musique.
Plus tard, j’ai découvert les grands photographes et leur vision singulière du monde. Salgado m’a beaucoup marqué. Je pense qu’on pourrait écrire tout un livre rien qu’à travers les détails de ses photos tellement c’est soigné tout en donnant l’apparence d’une grande simplicité.

18 – Noir et blanc ou couleur ?
Noir et blanc.

19 – Quand as-tu envie de dire Yeah !?
Quand je vois un excellent concert. La dernière fois c’était avec Idles. On ressentait le moment ou le groupe rencontre son public pour la première fois et alors Yeah !!!

20 – Quel est ton but dans la vie ?
Je dirai raconter des histoires mais j’aime bien l’errance sans but particulier. Aujourd’hui,certains souhaitent controler beaucoup d’aspects de leur vie en se fixant des objectifs pour atteindre le bonheur. Il y a une espèce de tyrannie là dedans.
Je trouve ça un peu triste car ce qui arrive de mieux ce sont les imprévus.

Portrait photo d'écrivain Sylvain Ansoux

Portrait photo d'écrivain
les impressions de Sylvain Ansoux

Un conseil pour une séance photo

« J’ai pas trop de conseils à donner : ah si, pensez à sourire ! »

Un avis sur ce shooting

« J’ai bien aimé cette séance. Je me suis senti en confiance, sans appréhension. Vous avez su me mettre à l’aise. Vraiment c’était bien et le résultat est vraiment bon. Je me suis demandé d’ailleurs pourquoi je n’avais pas fait appel à un photographe professionnel pour illustrer mes couvertures de livres. J’ai été impressionné par la qualité et aussi par l’exigence dans la recherche de la lumière, du cadre et tout ça se voit dans le résultat final. »

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